Aimé Césaire

16 mayo 2008 a las 06:47 | Publicado en General | Deja un comentario


Aimé Césaire s’éteint à Fort-de-France le 17 avril 2008 à 94 ans. De nombreux hommages du monde entier saluent le poète, l’homme d’action et le chantre de la négritude pour qui des funérailles nationales sont organisées en Martinique le 20 avril 2008.

Moi, depuis mon lycée ‘IES Alhadra’ à Almería je veux aussi rendre un petit hommage à ce poète de la négritude. Pour ce faire, j’ai lu quelques poèmes et j’ai été saisie par la beauté de ce poème que j’aimerais partager avec vous:

Si vous voulez écouter le poème, CLIQUEZ ICI:

Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre*
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

l’homme-famine, l’homme-insulte, l’homme-torture
on pouvait à n’importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer – parfaitement le tuer – sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d’excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom*
un chiot*
un mendigot

Mais est-ce qu’on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d’une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot*?

-Cafre: populations non musulmanes qui habitent en Afrique.

-Pogrom: Soulèvement, émeute contre les Juifs, aux cours desquels ont lieu del pilloges.

-Chiot: Petit chien.

-Hottentot: population nomade de Nambie, Afrique

Et maintenant je vais vous faire un petit COMMENTAIRE:

Tiré du livre de poèmes « Cahier d’un retour au pays natal » où Aimé Césaire découvre l’un des points de départ de la négritude, ce poème est encore d’une criante actualité.

De nos jours, nous pouvons rencontrer partout dans las pays développés, des hommes-hyènes et des hommes-panthères qui vivent des autres, qui torturent, qui maltraitent, qui insultent un autre type d’hommes, les marginaux: les hommes cafres, les hommes hindous de Calcutta, les hommes de Harlem qui ne votent pas, les hommes juifs… Ces hommes supposés être inférieurs à cause du pays d’où ils viennent, de la couleur de leur peau, de leur religion. L’auteur s’érige en défenseur de tous ces marginaux qui peuplent la planète. Lui-même il le dira par la suite:’Il n’y a pas dans le monde un pauvre, un pauvre type lynché, un pauvre homme torturé en qui je ne sois assassiné et humilié’.

Les hommes-hyènes et les hommes-panthères pourront torturer, insulter, dénigrer, même tuer ceux qu’ils croient qui sont inférieurs à eux sans avoir à rendre de compte de compte à personne; mais leurs consciences, pourront-ils les étouffer?

Si vous êtes intéressés par la vie passionnante de cet homme, je vous fais une petite BIOGRAPHIE:

Il est né le 26 juin 1913 au sein d’une famille nombreuse, commune du Nord-Est de la Martinique, le père est un petit fonctionnaire, la mère est couturière.

Élève brillant du Lycée Schœlcher de Fort-de-France, poursuit ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand, à Paris. C’est dans les couloirs de ce grand lycée parisien que le jeune Césaire rencontre Léopold Sédar Senghor, son aîné de quelques années, qui le prend sous son aile protectrice.

Au contact des jeunes Africains étudiants à Paris, Aimé Césaire et son ami guyanais Léon Gontran Damas,, qu’il connaît depuis le Lycée Schœlcher, découvrent progressivement une part refoulée de l’identité martiniquaise, la composante africaine, dont ils prennent progressivement conscience.

En septembre 1934, Césaire fonde, avec d’autres étudiants antillo-guyanais et africains, le journal L’étudiant noir. C’est dans les pages de cette revue qu’apparaîtra pour la première fois le terme de «Négritude». Ce concept, forgé par Aimé Césaire en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et d’autre part la dévalorisation de l’Afrique et de sa culture. Il s’agit, au delà d’une vision partisane et raciale du monde, d’un humanisme actif et concret, à destination des tous les opprimés de la planète. Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

Admis à École normale supérieure en 1935, Césaire commence en 1936 le Cahier d’un Retour au Pays Natal. Marié en 1937 à une étudiante martiniquaise, Suzanne Roussi; Aimé Césaire, Agrégé de Lettres, rentre en Martinique en 1939, pour enseigner au Lycée Schœlcher.

Le couple Césaire fonde en 1941 la revue Tropiques, dont le projet est la réappropriation par les Martiniquais de leur patrimoine culturel. La seconde guerre mondiale se traduit pour la Martinique par un blocus qui coupe l’approvisionnement de l’île par la France. La guerre marque aussi le passage en Martinique d’André Breton, il découvre avec stupéfaction la poésie de Césaire et le rencontre en 1941. En 1944, Breton rédigera la préface du recueil Les Armes miraculeuses, qui marque le ralliement de Césaire au surréalisme.

‘Il n’y a pas dans le monde un pauvre, un pauvre type lynché, un pauvre homme torturé en qui je ne sois assassiné et humilié’

Invité à Port-au-Prince, il passera six mois en Haïti, donnant une série de conférences dont le retentissement sur les milieux intellectuels haïtiens est formidable.

Aimé Césaire est happé par la politique dès son retour en Martinique. Il est élu maire de Fort-de-France, la capitale de la Martinique, en 1945, à 32 ans. L’année suivant, il est élu député de la Martinique à l’Assemblée Nationale.

Le député Césaire sera le rapporteur de la loi faisant des colonies de Guadeloupe, Guyane Française, Martinique et la Réunion, des Départements Français. La préservation et le développement de la culture martiniquaise seront dès lors ses priorités, parce qui il est conscient du danger d’aliénation culturelle qui menace les martiniquais.

Partageant sa vie entre Fort-de-France et Paris, Césaire fonde, dans la capitale française, la revue Présence africaine, aux côtés d’Alioune Diop, de Paul Niger et de Guy Tirolien.

En 1950, c’est dans la revue Présence Africaine que sera publié pour la première fois le Discours sur le colonialisme,, une analyse implacable de l’idéologie colonialiste européenne, les grands penseurs et hommes politiques français sont convoqués dans ce texte par l’auteur qui met à nue les origines du racisme et du colonialisme européen.

En 1956, il publie une «Lettre à Maurice Thorez» pour expliquer les raisons de son départ du Parti. En mars 1958, il crée le Parti Progressiste Martiniquais, qui a pour ambition d’instaurer «un type de communisme martiniquais plus résolu et plus responsable dans la pensée et dans l’action».

Parallèlement à une activité politique continue (il conservera son mandat de député pendant 48 ans, et sera maire de Fort-de-France pendant 56 ans), Aimé Césaire continue son œuvre littéraire et publie plusieurs recueils de poésie, toujours marqués au coin du surréalisme (Soleil Cou Coupé en 1948, Corps perdu en 1950, Ferrements en 1960). À partir de 1956, il s’oriente vers le théâtre. Avec Et les Chiens se taisaient, il explore les drames de la décolonisation autour du personnage du Rebelle, esclave qui tue son maître puis tombe victime de la trahison. La Tragédie du Roi Christophe (1963) c’est l’occasion pour revenir à l’expérience haïtienne. Une saison au Congo (1966) met en scène la tragédie de Patrice Lumumba, père de l’indépendance du Congo Belge. Une tempête (1969), il explore les catégories de l’identité raciale.

‘L’homme de culture doit être un inventeur d’âmes’

Au total Césaire à publié plus de quatorze œuvres, recueils des poésies, pièces de théâtre et essais. De nombreux colloques et conférences internationales ont été organisés sur son œuvre littéraire qui est universellement connue. Son œuvre a été traduite dans de nombreuses langues: anglais, espagnole, allemand et cetera.

Oeuvres principales:

  • Oeuvres complètes. (1. Poèmes; 2. Théâtre; 3. Oeuvre historique et poétique). Fort-de-France: Desormeaux, 1976.

Essais:

  • Discours sur le colonialisme. Paris: Présence Africaine, 1955.
  • Toussaint Louverture; La Révolution française et le problème colonial. Paris: Présence Africaine, 1961/62.

Poésie:

  • Cahier d’un retour au pays natal. Paris: Présence Africaine, 1939, 1960.
  • Soleil Cou Coupé. Paris: Éd. K, 1948.
  • Corps perdu. (gravures de Pablo Picasso) Paris: Éditions Fragrance, 1950.
  • Ferrements. Paris: Seuil, 1960, 1991.
  • Cadastre. Paris: Seuil, 1961.
  • Les Armes miraculeuses. Paris: Gallimard, 1970.
  • Moi Laminaire. Paris: Seuil, 1982.
  • La Poésie. Paris: Seuil, 1994.

Théâtre:

  • Et les Chiens se taisaient, tragédie: arrangement théâtral. Paris: Présence Africaine, 1958, 1997.
  • La Tragédie du roi Christophe. Paris: Présence Africaine, 1963, 1993.
  • Une Tempête, d’après La tempête de Shakespeare: adaptation pour un théâtre nègre. Paris: Seuil, 1969, 1997.
  • Une Saison au Congo. Paris: Seuil, 1966, 2001.

Entretiens:

  • Beloux, François. « Un poète politique: Aimé Césaire ». Le Magazine Littéraire 34 (novembre 1969).
  • Louis, Patrice. Aimé Césaire: rencontre avec un nègre fondamental. Paris: Arléa, 2004.
  • Nègre je suis, nègre je resterai, entretiens avec Françoise Vergès. Paris: Albin Michel, 2005.

Enregistrement audio:

  • Aimé Césaire. Paris: Hatier, Les Voix de l’écriture, 1994.

Filmographie:

  • Aimé Césaire, le masque des mots. Documentaire réalisé par Sarah Maldoror. RFO/La Sept, Médiathèque des trois mondes, 1987, 1990, 47 minutes.
  • La Manière nègre, ou Aimé Césaire, chemin faisant. Documentaire, avec Lobo Dyabavadra. Réalisation et scénario, Jean-Daniel Lafond. L’Association coopérative des productions audio-visuelles (ACPAV) et la Société nationale de radio télévision française d’outre-mer, 1991, 59 minutes.
  • Aimé Césaire, poète de l’universelle fraternité. Documentaire réalisé par Jean-François Gonzalez. Production: Centre Régional de Documentation Pédagogique (CRDP, Fort-de-France) et RFO, 1994, 52 minutes.
  • Aimé Césaire, a Voice for History / Aimé Césaire: une voix pour l’histoire. Documentaire réalisé par Euzhan Palcy en trois parties de 50 minutes (1. L’Ile Veilleuse, 2. Au rendez-vous de la conquête, 3. La force de regarder demain), 1994.
  • Aimé Césaire, Poet and Statesman. Entretien avec Ann Armstrong Scarboro (productrice); dirigé par Susan Wilcox, Full Duck Productions, 2002, 40 minutes.

Cristina Morales Gómez – 1º Bachillerato ‘A’

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